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tactique et organisation

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Message  pheonix le Jeu 21 Mar - 13:40

Tactique et organisation de la Grande Armée




Tactique et organisation de la Grande Armée

La Garde impériale donne pour la dernière fois





Tactique et organisation de la Grande Armée









Aigle impériale.


(Musée de l'Empéri)




Le salut aux aigles sur Youtube




Contrairement à ses adversaires pour lesquels, selon la tradition, la bataille n'est qu'un moyen parmi d'autres, l'Empereur recherche systématiquement la bataille décisive qui contraindra l'ennemi à capituler. Dans cette perspective, il manifeste un esprit résolument offensif et n'a qu'un but stratégique : se trouver le plus fort là où il a décidé de frapper le coup décisif.

Pour ce faire, il constitue, dans le cadre de la Grande Armée (armée principale qu'il commande en personne), deux groupes d'armée indépendants : l'un, formé de différents corps d'armée sous le commandement des maréchaux, pour préparer et mener le combat ; l'autre, formé de réserves générales sous son commandement plus ou moins direct, afin de terminer la bataille en produisant l'« événement ».

A partir de là, la « grande tactique » de Napoléon se résume, selon ses propres termes, à l'art de « réunir » et de « concentrer » son armée : celle-ci est « réunie » quand ses divers éléments sont en relation et assez proches pour n'être pas coupés par l'ennemi, et elle se trouve « concentrée » lorsque ceux-ci se rassemblent pour la bataille.

A cet effet, depuis 1803, l'unité tactique majeure est le corps d'armée, véritable petite armée autonome de quinze à quarante-cinq mille hommes commandés par un maréchal et constituant la plus grande formation opérationnelle interarmes. Chaque corps comprend deux à quatre divisions d'infanterie (avec quinze à vingt pour cent de voltigeurs), une brigade ou une division de cavalerie légère (éclaireurs, chasseurs), de l'artillerie divisionnaire et de réserve, du génie et des services. Même les différentes composantes de la réserve générale finissent par former des corps d'armée : corps d'infanterie, de cavalerie (de ligne - dragons - et de bataille - cuirassiers) ; corps de la Garde, ultime réserve interarmes qui protège la réserve d'artillerie. Outre cette réserve générale, la Grande Armée comporte généralement de six à douze corps que l'Empereur jette en avant comme les mailles d'un gigantesque filet. Suffisamment puissants pour résister à l'ennemi en attendant du secours, mais point trop massifs pour garantir souplesse et vitesse d'exécution, ces corps permettent de couvrir un grand territoire (sur lequel ils vivent aisément) à la recherche de l'ennemi, et de réaliser des manoeuvres enveloppantes tout en dissimulant les intentions jusqu'au dernier moment.



Lorsque Napoléon décide d'engager la bataille décisive, la plupart des corps convergent à marche forcée vers le point prévu tandis que certains assurent les arrières ou fixent des éléments adverses. Deux cas peuvent se présenter : soit l'Empereur dispose d'une nette supériorité (numérique ou morale) sur son théâtre d'opérations principal, soit il est plus faible.

Dans le premier cas, alors que le corps au contact retient l'ennemi par une démonstration, le gros de l'armée, précédé d'une avant-garde de cavalerie, par une marche audacieuse et rapide, se jette sur ses arrières afin de couper sa ligne de retraite : c'est la manoeuvre « sur les derrières », manoeuvre par excellence de Napoléon, qui produit une démoralisation préalable de l'adversaire (exemple de Iéna qui a réussi).

Dans le second cas, après une attente stratégique ou par un coup offensif, les corps font irruption au milieu des forces de l'ennemi en vue de l'empêcher de se concentrer ou de le diviser, les deux fractions adverses étant alors réduites une à une par l'intervention des réserves : c'est la manoeuvre « sur position centrale » (exemple de Ligny-Waterloo qui a échoué).

Sur chaque champ de bataille, dans le lent mouvement de flux et de reflux des combats marqués par l'alternance des attaques d'infanterie et de cavalerie préparées et soutenues par l'artillerie, Napoléon tente d'obliger l'ennemi à engager ses réserves en paraissant faiblir sur une aile (réussite d'Austerlitz) ou en lançant de forts assauts sur un point vital (échec de Waterloo). L'adversaire une fois épuisé ou à tout le moins déstabilisé par un mouvement débordant ou tournant, l'Empereur fait donner ses propres réserves qui entreprennent de le percer et de le couper en deux parties à poursuivre. Cette manoeuvre a réussi à Ligny où Blücher, attiré et fatigué sur sa droite, fixé sur sa gauche, a été percé au centre [Hitler reprendra, en l'inversant, ce plan contre les Français en 1940 !] ; elle a échoué à Waterloo où Wellington, bien retranché, a repoussé les assauts de l'infanterie et a résisté à ceux de la cavalerie le temps nécessaire à l'arrivée de Blücher, mal poursuivi et retenu, qui a contraint Napoléon à fractionner ses maigres réserves.

Toutefois, contrairement à ce que d'aucuns prétendent, rares sont les batailles dont l'issue est fatale : c'est ce qu'avait bien compris l'Empereur dont la principale qualité, outre la prise en compte de toutes les possibilités, était l'absence d'idées préconçues et la grande capacité d'adaptation aux circonstances (ainsi, à Austerlitz, modifia-t-il trois fois son plan). Même Waterloo, malgré la disproportion des forces (les alliés étaient près de deux fois plus nombreux que les Français), les erreurs commises et les retards accumulés, aurait pu être une victoire, car, si Blücher avait été mieux poursuivi et retenu ou si Napoléon avait déclenché l'offensive quelques heures plus tôt, comme le dit un historien belge (J. Logie) pourtant défavorable à celui-ci, « ...il n'est pas douteux que l'armée de Wellington, très éprouvée, n'aurait pu résister à une troisième attaque générale menée par l'infanterie de Lobau [corps de réserve] et de la Garde, et soutenue par la grosse cavalerie de Kellermann et Guyot ». Citons encore sur ce point le fameux théoricien militaire Carl von Clausewitz, adversaire de l'Empereur et critique impitoyable : Si nous considérons comme possible le succès près de Mont-Saint-Jean, ce n'est que parce que nous croyons soixante-dix mille Français, conduits par Bonaparte et Ney, bien supérieurs à soixante-dix mille alliés [...] [qui] ont bien plus vite fondu que les Français dans le combat ; cela semble résulter de l'aveu de tous les témoins oculaires. Si, effectivement, la situation de Wellington, à cinq heures de l'après-midi, était déjà très difficile, sans qu'un seul homme du 6e corps [de réserve] et de la Garde eût combattu contre lui, il faut reconnaître en cela la supériorité des troupes françaises.







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Message  pheonix le Jeu 21 Mar - 13:44






Fantassin de l'armée impériale.




Quoi qu'il en soit, une bataille typique (bien que chaque bataille soit spécifique), aboutissement de tout un ensemble de savantes opérations, se déroule en gros de la façon suivante.

Les unités de cavalerie légère (hussards qui éclairent et chasseurs qui poursuivent), soutenues par la cavalerie de ligne (dragons qui peuvent combattre à pied et tenir une tête de pont) et par la grosse cavalerie (cuirassiers qui peuvent repousser une contre-attaque adverse), localisent l'ennemi, l'évaluent et le forcent à se déployer sur un terrain défavorable. Les colonnes d'infanterie arrivent et, sous la protection de la cavalerie et de l'artillerie, s'emparent de bonnes positions d'attaque en poussant le combat tard dans la nuit pendant laquelle les corps éloignés marchent sans relâche pour rejoindre le champ de bataille avant l'aube.

Au point du jour, l'armée concentrée prend ses dispositions de combat. L'artillerie ouvre le feu sur tout le front et, éventuellement, la cavalerie charge pour contraindre l'ennemi à se montrer ou à se fixer. Si ce dernier n'attaque pas une aile volontairement dégarnie, l'Empereur peut lancer un assaut général, mais semble vite s'acharner sur un point pour en fait essayer de percer sur un autre une fois que l'adversaire, ébranlé par un mouvement débordant ou tournant, a entamé ses réserves.

Avec la cavalerie légère aux ailes pour éviter les débordements, précédée d'une nuée de tirailleurs (voltigeurs dispersés de l'infanterie légère) qui harcèlent l'ennemi et couvrent les mouvements par la fumée de leur feu, l'infanterie de ligne des corps d'armée s'avance par divisions sur deux lignes (en général, une brigade par ligne plutôt que deux brigades accolées avec un régiment sur chaque ligne). Comme, à la fin du XVIIIe s., l'« ordre profond » (colonnes chargeant à la baïonnette, donc puissance du choc) l'a emporté sur l'« ordre mince » (lignes déployées, donc puissance du feu), la brigade de première ligne, quelquefois déployée en entier, présente le plus souvent une alternance de bataillons déployés et de bataillons en colonnes à « intervalles de déploiement », prêts à appuyer le feu des premiers par le choc ; la brigade de seconde ligne se trouvant entièrement disposée en colonnes : bataillons accolés, successifs ou en échelons débordants. Chaque bataillon (de six à neuf cents hommes) s'articule en six compagnies (à partir de 1808) : quatre ordinaires de fusiliers qui peuvent former la base d'un carré (mur de feu et d'acier) contre la cavalerie ; deux d'élite, une de voltigeurs qui précèdent et préparent, et une de grenadiers qui suivent et renforcent. Les voltigeurs utilisent le terrain pour tirailler ; à portée de l'ennemi, les fusiliers, déployés sur deux ou trois rangs (un rang tire pendant que l'autre recharge), s'arrêtent, lâchent une salve de ligne, puis tirent à volonté en feux de peloton ; massés en colonnes de bataillon avec deux compagnies de front (pour faciliter le déploiement ou la formation en carré), ils chargent à la baïonnette dans les cris et les roulements de tambours.

L'artillerie divisionnaire (en général un canon de « six » ou de « huit » par bataillon plus deux obusiers) est répartie dans les intervalles tandis que l'artillerie de corps (pièces de « douze ») est regroupée à l'arrière parfois en grandes batteries avec celle de la réserve générale sur le point d'effort principal.

La cavalerie de ligne (dragons qui crachent le feu et lanciers qui percent) et la grosse cavalerie (cuirassiers qui défoncent) précède quelquefois l'infanterie pour faciliter son action ; la plupart du temps, elle la suit, prête à la soutenir. Sur le point d'effort principal, c'est une grande partie de la réserve générale qui est mise en oeuvre en vue de rompre le front adverse et de créer l'« événement » (les cuirassiers, en particulier, jouent un rôle décisif par leur action de choc massive et brutale). Dans tous les cas, la cavalerie, organisée en divisions à deux brigades à deux régiments à quatre escadrons (de cent à deux cents hommes), se trouve disposée en lignes souvent placées en échelons pour combiner les attaques de front et de flanc. Appuyée par l'artillerie divisionnaire à cheval (un canon de « quatre » par régiment) qui la devance parfois pour mitrailler les rangs ennemis, elle lance une succession de charges, d'abord au trot, puis au galop (cent à deux cents derniers mètres) dans les hurlements et les sonneries de trompettes. Après chacune d'entre elles, les escadrons se reforment sur les ailes et repartent à l'assaut.

Finalement, la bataille offre le spectacle d'une série incessante d'attaques et contre-attaques d'infanterie et de cavalerie sous le déluge de feu de l'artillerie, interrompue par des changements brusques : mouvements tournants, rupture du front... Au fil des années, avec l'accroissement des pertes, la disparition des anciens soldats qui ne peuvent plus former des conscrits expédiés de plus en plus vite sur le front, avec l'intégration d'étrangers toujours plus nombreux, l'armée napoléonienne perd de sa qualité et notamment de sa capacité manoeuvrière. Pour compenser cette faiblesse, Napoléon simplifie son système qui devient trop rigide. De fortes concentrations d'artillerie se substituent à l'infanterie défaillante qui, à couvert de tirailleurs en « grandes bandes », ne manoeuvre guère et ne se déploie plus : en grosses colonnes compactes, très vulnérables au feu et aux charges, elle tente, appuyée par une attaque massive de la cavalerie, de percer d'un seul coup tel un bélier lancé à toute vitesse (exemple de Wagram où les cent pièces de Drouot ouvrent la voie à l'énorme colonne Macdonald suivie de toute la réserve de cavalerie).

Si l'ennemi épuisé, déséquilibré, percé, résiste encore, une fois toutes les réserves employées, l'Empereur engage sa Garde (divisions d'infanterie et de cavalerie de Jeune, Moyenne, puis de Vieille Garde, constituées de combattants d'élite chevronnés), « espoir suprême et suprême pensée », qui fonce sans esprit de recul...




La Garde impériale sur Youtube




Unités, composition et commandement dans les armes de mêlée : infanterie et cavalerie



Unités Composition et commandement dans l'infanterie Composition et commandement dans la cavalerie
escouade 10 fantassins : caporal 5 cavaliers : brigadier
demi-peloton 2 escouades : maréchal des logis
peloton 3 escouades : sergent 4 escouades : (sous-)lieutenant
compagnie 4 pelotons : sergent-major, sous-lieutenant, lieutenant, capitaine 4 pelotons : capitaine
bataillon/escadron 6 compagnies : chef de bataillon 2 compagnies : chef d'escadron
régiment 2 à 4 bataillons : colonel 4 escadrons : colonel
brigade 2 régiments : général de brigade 2 régiments : général de brigade
division 2 brigades : général de division 2 brigades : général


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Message  pheonix le Ven 22 Mar - 6:04


Ordre mince : Terme général pour désigner les formations d'infanterie déployés en bataille et donc peu profondes.D'un point de vue pratique, le feu sur deux ou trois rangs est typique de l'ordre mince.

Ordre profond : Par opposition à l'ordre mince, on désigne par ordre profond les formations d'infanterie massées en grosses colonnes d'attaque.

Ordre mixte : Terme qui s'applique à la situation où des formations d'infanterie utilisent à la fois des unités déployées en ligne et des unités déployées en colonnes d'attaque.Les unes s'intercalent dans les espaces ménagés entre les tronçons de ligne ou se tiennent légèrement en arrière.Elles forment ainsi de véritables réserves de mouvements prêtes à profiter instantanément d'une trouée.

Ordre Perpendiculaire : Les prescriptions de l'ordre perpendiculaire indiquent qu'en ligne, devant une menace de cavalerie, on assure les ailes des bataillons déployées par d'autres bataillons en colonnes serrées.

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Message  pheonix le Ven 22 Mar - 6:06


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Message  pheonix le Ven 22 Mar - 6:21

Un mode de combat quasi unique : le choc


29L’ordonnance du 20 mai 1788 qui régissait les manœuvres de cavalerie a été remplacée par celle du 1er vendémiaire an XIII (23 septembre 1804), qui simplifie ces dernières. Comme pour l’infanterie, le respect des alignements s’avère impératif afin de conserver la cohésion censée garantir l’effet de masse. Mais cela exige des montures de taille comparable, fournissant une battue identique, si bien que les règlements distinguent des chevaux de cavalerie légère, de dragons (utilisés également par l’artillerie à cheval) et de cuirassiers (ou carabiniers)42. La formation de base demeure la ligne de quatre cavaliers (qui, par simple conversion d’un quart de tour, devient file). Une fois que la recrue maîtrise l’équitation, l’entraînement consiste donc d’abord en évolutions par quatre ou par peloton (c’est-à-dire par demi-compagnie), la cohésion des quatre pelotons d’un escadron demeurant le principe de base de la manœuvre en campagne.
42 Voir à ce propos l’annexe n° 2, « Les critères de sélection des chevaux ».

30Les formations se répartissent en deux grands types : la colonne pour le déplacement ou les mouvements d’approche, la ligne pour le combat afin d’utiliser pleinement la puissance de choc. Étant donné qu’un cheval occupe, dans un rang, un peu moins d’un mètre, le front d’un détachement de cavalerie correspond, en ligne, à peu près à la moitié de l’effectif considéré. Une compagnie de cuirassiers, se préparant à charger sur deux rangs (un par peloton), représente ainsi un quadrilatère de cinquante mètres sur six.

31En règle générale, l’arme d’épaule (fusil ou mousqueton) est essentiellement utilisée par les postes avancés, pour la défense d’un stationnement ou encore pour l’attaque à pied d’une position organisée. Toutefois, ce combat d’infanterie demeure exceptionnel. On cite souvent à ce propos l’action en 1805 d’un escadron du 9e dragons qui combat à pied dans les rues du village de Wertingen pour en déloger les tirailleurs ennemis. En revanche, avant-gardes ou flancs-gardes qui explorent le terrain durant les marches progressent le mousqueton ou le fusil posé sur la cuisse, prêts à faire feu. Enfin, le tir à cheval est également pratiqué, en dépit de la difficulté à recharger et, surtout, des résultats aléatoires qu’il procure.

43 D’ailleurs seule la première ligne de chevau-légers charge en pointant sa lance, les cavaliers de(...)
44 Thiébault, op. cit., p. 410.

32Contrairement à l’infanterie, dont l’efficacité tient avant tout à sa capacité de feu (les affrontements à la baïonnette s’avèrent en réalité très rares), la cavalerie agit essentiellement par le choc en recourant à l’arme blanche, en l’occurrence le sabre (l’usage du pistolet est en effet abandonné depuis 1776 dans la cavalerie française et la lance n’est introduite qu’en 181143). Les spécialistes de l’époque n’envisagent d’ailleurs pas d’autre mode d’action. Guibert, référence de la pensée militaire du XVIIIe siècle, est très net dans son Essai général de Tactique (1772) : « La cavalerie n’a qu’une manière de combattre, c’est par la charge ou le choc. Toute action de feu en troupe lui est impropre. La vitesse et la cohésion sont ses qualités essentielles.» Thiébault44 est tout aussi catégorique : « La cavalerie a deux manières de combattre, en chargeant et de pied ferme. Cette dernière lui ôte une si grande masse de ses avantages qu’elle ne doit être adoptée que par l’effet d’une véritable nécessité (…). Observons cependant que, lorsqu’elle sera réduite à cette manière de combattre, la cavalerie devra faire précéder l’emploi du sabre par celui de ses armes à feu, afin de compenser, autant que possible, l’inconvénient de l’immobilité. »

33Un régiment peut attaquer selon quatre modalités : en ligne (avec ses escadrons accolés), en colonne (par escadron ou peloton), en échelons ou en échiquier. La cavalerie lourde adopte habituellement la colonne de peloton (25 hommes de front, chacun des deux pelotons étant disposé sur deux rangs), ce qui accroît la puissance de choc. En général cependant, lorsqu’il s’agit d’assaillir un carré d’infanterie, la largeur du front correspond à celle d’un escadron, avec pour direction d’attaque l’un des angles du carré. La formation en bataille, utilisée notamment pour la charge, se prend sur deux rangs (séparés de 65 cm environ), un cavalier du deuxième rang pouvant espérer éviter un cavalier du premier rang qui chute, ce qui s’avérerait impossible pour un cavalier de troisième rang. Si bien qu’en dépit de son règlement qui prévoit trois rangs, la cavalerie autrichienne charge elle aussi, sous l’Empire, sur deux rangs. Dans tous les cas, officiers et sous-officiers ont des places strictement assignées dans le dispositif, ce qui permet d’entraîner par l’exemple les soldats, qui ont toujours sous les yeux un cadre dont il suffit d’imiter les mouvements.

45 Ardant du Picq, Études sur le combat – Combat antique et combat moderne, p. 129.

34Les cavaliers quittent leur position de départ au trot, prennent le petit galop à deux cents pas de l’ennemi et le galop de charge à quatre-vingts pas, à la sonnerie de trompette. Mais l’effet de masse (la progression « botte à botte ») compte davantage que la vitesse pour briser les rangs adverses. Dans certains terrains défoncés ou encombrés d’obstacles, la cavalerie progresse au trot (on verra même des unités charger quasiment au pas dans la tempête de neige d’Eylau). À Marengo, la grosse cavalerie de Kellermann prend le galop à soixante mètres seulement des dragons autrichiens. À Altafulla, Curély fait sonner la charge à cinquante mètres de la cavalerie espagnole. À Zehdenick, Lassalle charge à dix mètres. Les cavaliers peuvent également se contenter d’attendre l’ennemi. Lors de la retraite du Portugal, Sainte-Croix demeure immobile avec ses dragons, sabre pointé en avant puis contre-attaque après le choc. Bref, en matière de combat à cheval, la compacité apparaît préférable au mouvement. Ardant du Picq 45 résume ces observations en quelques lignes : « La cohésion et l’ensemble faisant la force de la charge, on s’explique, l’alignement étant impossible à une allure vive où les plus vites dépassent les autres, comment il ne faut lâcher la bride que lorsque l’effet moral est produit et qu’il s’agit de le compléter en tombant sur l’ennemi déjà en désordre, en train de tourner le dos, etc. Ainsi chargeaient les cuirassiers : au trot (…). Jomini parle de charges au trot contre cavalerie lancée au galop et cite Lasalle qui en agissait souvent ainsi et qui, voyant cavalerie accourir au galop, s’écriait : “Voilà des gens perdus.” Jomini fait de cela affaire de choc : le trot permet l’union, la compacité que le galop désunit. Tout cela peut être vrai ; mais affaire d’effet moral avant tout. Une troupe lancée au galop qui voit arriver à son encontre un escadron bien serré, au trot, est étonnée d’abord d’un aplomb semblable ; par l’impulsion matérielle supérieure du galop, elle va la culbuter ; mais point d’intervalles, point de trous par où passer en perçant. »

46 Thiébault, op. cit., p. 429.

35Le général Thiébault, de son côté, théorisait déjà cela d’une façon générale en quelques lignes46: « La plus grande force d’une cavalerie qui charge étant dans l’effet moral qu’elle produit, et dans son choc, et cet effet moral et ce choc ne pouvant résulter que de l’ordre et de la vitesse, tout doit être sacrifié à le maintenir et à la rendre toujours croissante, sans rien perdre de la régularité dans les rangs, dans la formation, dans les mouvements et dans l’attaque. » Dès lors, la charge en muraille demeure le mode habituel, la charge en ordre dispersé (« en fourrageurs ») étant pratiquée seulement contre l’artillerie.

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Message  pheonix le Ven 22 Mar - 6:32


La marche sur les arrièresPremière possiblité, Napoléon exécute sa manoeuvre favorite, « celle sur les arrières de l'ennemi ».

Il encourage à dessein l'adversaire à menacer sa principale ligne de communication, volontairement mal gardée, rassemble le gros de ses forces de façon excentrique.

Ayant adopté une ligne de retraite plus ou moins détournée, il se précipite avec son gros sur les arrières de ceux-là mêmes qui s'imaginaient profiter de son imprudence pour l'écraser. L'exemple le plus frappant est la Campagne d'Italie.


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Message  pheonix le Ven 22 Mar - 6:33


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Re: tactique et organisation

Message  pheonix le Ven 22 Mar - 6:34



La masse tournanteDeuxième possibilité, Napoléon exécute la manoeuvre de la « masse tournante ».

Il laisse volontiers sa ligne de retraite mal gardée, de façon à ce que l'adversaire soit tenté de prendre l'offensive de ce côté, puis détache sur le flanc de l'ennemi une « masse tournante » qui vient menacer à son tour la ligne de retraite de ce dernier.

Ainsi, engagé d'une part dans son offensive, amené d'autre part à protéger sa propre retraite en envoyant un corps de flanc-garde, l'adversaire dégarnit son centre.

Alors Napoléon y frappe avec ses réserves « masse de rupture », crève le centre de l'ennemi qui, ouvert en deux, voit, selon les circonstances, soit ses deux ailes, soit seulement l'une d'entre elles, coupées de leur retraite et vouées à la destruction.

Au mieux, l'aile la plus proche de la ligne de retraite est écrasée par la masse de rupture contre la masse tournante qui joue le rôle d'enclume. Dans la pratique, les grandes victoires napoléoniennes s'avèrent toutes une réalisation plus ou moins complète de ce type de bataille : Austerlitz, Friedland, Wagram, ...

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Message  pheonix le Ven 22 Mar - 6:35


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Message  pheonix le Ven 22 Mar - 6:36


La position centraleEnfin, si l'ennemi est nettement supérieur en nombre, Napoléon accepte la bataille sur une « position centrale » de son choix.

Cette position est forte car l'abord est subdivisé par des obstacles naturels (principalement des cours d'eau), en plusieurs secteurs où les assaillants ne pourront communiquer entre eux qu'avec difficulté.

Une fois les corps adverses fixés dans chaque secteur par un combat défensif préliminaire, Napoléon concentre le maximum de ses forces dans l'un des secteurs et y rompt le front adverse, quitte secondairement, ainsi victorieux, à se porter sur les arrières des assaillants d'un des secteurs voisins.

Cette tactique a été utilisée dans les batailles de Dresde et Leipzig par exemple.


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Message  pheonix le Ven 22 Mar - 6:38


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